17/07/2016

Reconstruire les fondations

Ce n’est pas en me disant : “Seigneur, Seigneur !” qu’on entrera dans le royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux. 

Ce jour-là, beaucoup me diront : “Seigneur, Seigneur, n’est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé, en ton nom que nous avons expulsé les démons, en ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles ?” Alors je leur déclarerai : “Je ne vous ai jamais connus. Écartez-vous de moi, vous qui commettez le mal !” 

Ainsi, celui qui entend les paroles que je dis là et les met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a construit sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé et se sont abattus sur cette maison ; la maison ne s’est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc.

Et celui qui entend de moi ces paroles sans les mettre en pratique est comparable à un homme insensé qui a construit sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé, ils sont venus battre cette maison ; la maison s’est écroulée, et son écroulement a été complet. » (Mt 7,21-28)

 

Donc, si je comprends bien Celui que je prends comme mon Dieu et Sauveur, il ne sert à rien de se dire « civilisation judéo-chrétienne », il faut montrer par les actes ce que nos paroles prétendent. Il ne sert à rien de plaindre ces pauvres chrétiens d’Orient persécutés si, par ailleurs, nous ne sommes pas capables de nous montrer nous-mêmes chrétiens, surtout et y compris chez nous.

Haïr ceux qui nous haïssent, c’est l’exact contraire de ce que nous demande le Christ. L’Occident se demande pourquoi il est attaqué. Il désigne la paille qui est dans l’œil de ces fous, alors qu’il est incapable d’enlever la poutre qui l'aveugle, lui interdisant de facto tout discernement honnête et sincère.

L’Occident a tout fait pour transformer en sable le roc sur lequel il avait été bâti, et il s’agit maintenant, soit de s’enfoncer, soit de reconstruire. Et ce n’est pas en brandissant des armes de guerre et en semant partout la mort qu’il y parviendra. Défendre des acquis qu’on a soigneusement pris soin de discréditer au cours des deux siècles derniers, ça n'est rien d'autre qu'un futile verbiage !

Le Christ nous demande de bâtir la civilisation de l’amour, et nous ne savons même plus nous montrer dignes du sacrifice auquel il a consenti.

Alors, à tous mes amis, chrétiens ou non, je le demande : Mettez-vous en colère, hurlez au loup, criez, dites des horreurs ! Mais une fois ces choses dites, mettons-nous au travail, sans nous préoccuper plus qu’il ne le faut de la paille dans l’œil du voisin, et semons tout autour de nous de gestes d’amour, même s’ils peuvent paraître insignifiants !

C'est me faire violence que de signer ces paroles-là, tant ma colère est grande ! Mais je suis le disciple d'un Dieu qui me demande de célébrer la vie, et non la mort. Je suis le disciple d'un Dieu qui me demande de trouver mon bonheur là où je peux élever, et non enfoncer...

Misericordes sicut Pater !

Frédéric Monnin

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