22/11/2015

Valeurs universelles... vraiment ?

Que de belles phrases, depuis le 13 novembre! Pas une heure ne s'écoule sans que nos dirigeants, affublés de leur panache blanc, ne nous rabattent les oreilles avec ce qu'il faut bien appeler leurs "éléments de langage", dignes d'une Cantatrice chauve hirsute !

"Quousque tandem?" eût dit Catilina. Jusqu'à quand vont-ils s'enfermer dans cet aveuglement mortifère ?

"L'islamisme n'a rien à voir avec l'islam", martèle-t-on avec une insistance de plus en plus suspecte.

Je veux bien, mais moi, aujourd'hui, j'affirme que le christianisme n'a rien à voir avec l'inquisition. Des remarques, des objections ? Des hommes, des femmes de bonne volonté pour ne pas sourire à la lecture de ces mots ?

On réaffirme, à temps et à contretemps, le prévalence des valeurs universelles. Mais lesquelles ? Si ces valeurs étaient vraiment universelles, ça se saurait ! Et il n'existerait pas, à côté de la déclaration universelle des droits de l'homme de l'ONU, une déclaration universelle des droits de l'homme en islam (adoptée au Caire en 1990, et ratifiée par 59 états), qui soumet les droits de l'homme à la charia ! Et on parle ici réellement de droits de l'homme, et pas de droits humains, car les femmes n'y ont pas "tout à fait" les mêmes droits que les hommes.

Bref, une déclaration de droits universels qui nie tout bonnement le fait que les hommes et les femmes naissent égaux... C'est beau, truculent, dans le paysage... Et rassurant pour l'avenir !

Qu'on le veuille ou non, c'est la réalité. Alors, les acrobaties verbales, ça suffit ! Si on voulait prendre pour référence des valeurs réellement universelles, on aurait pris l'Évangile. Ou encore, pour être parfaitement oecuménique, le Cantique des cantiques... Et même pas besoin d'en citer les auteurs, puisque de toute façon, on ne lit plus la Bible.  Une main sur elle et l'autre sur le coeur, on jure, de dire rien que la vérité, toute la vérité, mais on n'éprouve pas la moindre curiosité de la LIRE, cette vérité qui, pourtant, a le pouvoir de faire cesser ces boucheries qui salissent la Création du sang des martyrs.

Partout, on nous dit qu'il faut appeler un chat un chat. Alors pourquoi ne le fait-on pas ? Parce que nos sociétés semblent avoir perdu la foi. Cette foi qui a pourtant donné l'espérance à l'humanité, et qui le fait encore chez beaucoup qui n'osent même plus l'affirmer. Cette foi qui fait marcher sur les eaux, qui déplace les montagnes ! Mais la foi ne peut s'exonérer de la vérité, pas plus que du constat objectif et sans ambages de la réalité, toute crue qu'elle soit.

Et si, par un heureux effet de la foi qui nous anime en tant que chrétiens, nous voulons manifester un amour fraternel envers nos frères musulmans, nous ne pouvons pas mettre sous couvert le fait que cette même foi exige de nous la correction fraternelle à l'adresse de ceux que nous appelons nos frères, qu'ils soient chrétiens ou non. Et si possible, pour citer François de Sales, "rien par force, tout par amour". 

Un amour universel, lui ! manifesté à la face du monde par un homme en croix !

20/11/2015

L'arroseur arrosé... la foi peut fermer le robinet

Les derniers développements de la situation explosive liée aux attaques terroristes sur la planète m'inspirent une ébauche d'analyse.

En Occident, la situation est claire : sécularisée par des lustres de combat contre l'obscurantisme catholique, aux fins de conquérir sur ses vestiges une liberté qui démontre de manière éclatante qu'elle n'est qu'illusion, l'Europe s'est choisi une valeur universelle de bien-être : la liberté ? Certes non ! car la course aux profits, le consumérisme outrancier, le déification de l'être économique au dépens de l'être social, a gravement mis à mal la conscience de l'existence d'une communauté humaine. Cette valeur universellement adulée, idolâtrée, c'est l'argent ! Ainsi est née la déclaration universelle des droits de l'homme et du citoyen fortuné... Tout le reste - liberté, égalité, fraternité - n'est que garniture...

La laïcisation obstinée mise en place, non par refus d'un pouvoir aux relents totalitaires de l'Église d'alors, mais bien plus encore par jalousie, et par une envie irrépressible de s'approprier ce pouvoir sur les masses exercé jusque-là par la curie romaine ;  cette laïcisation et ce dénigrement systématiques, réduisant au niveau de "divertissement burlesque" les mises en garde de tous les papes depuis Léon XIII quant à la pente dangereuse empruntée par les sociétés occidentales hypnotisées par le capitalisme, ont mis à mal la capacité de discernement de beaucoup de nos contemporains. Mais c'était bien maladroit, car le pouvoir est une chose, mais l'autorité morale en est une autre...

Et en face de ce monde occidental sécularisé, laïcisé, déchristianisé, nous avons des pays aux riches ressources, sous-terraines notamment, que ces mêmes gouvernements occidentaux considèrent, non comme un grenier à blé, mais comme une gigantesque citerne, sur laquelle on ne peut décemment pas faire l'impasse, cela va de soi.

Conséquence: l'Occident, coupé de ses valeurs fondatrices et obnubilé par l'accumulation de richesses, agit, transige et fomente avec les pires exemples de tyrannies, manie et distord la diplomatie, pour en faire en finalité une chambre de commerce. Parce que chez ces gens-là, Monsieur, on ne prie pas... on compte!

Après avoir encouragé, nourri, armé tel groupuscule, puis tel autre, au gré des bénéfices économiques et géostratégiques immédiats qu'ils pourraient en retirer, voilà que ces petits enfants chéris, ces combattants, voués, dans l'imaginaire occidental, à déstabiliser un proche et un moyen Orient déjà en proie à de tragiques guerres intestines, voilà que ces enfants, devenus des adolescents turbulents, veulent à leur tour donner la leçon à leurs maîtres : guerre totale contre l'Occident, et avec les armes mêmes obtenues par un effet gracieux de sa prodigalité. C'est la triste, mais si fréquente histoire de l'arroseur arrosé. À une différence près : ces petites combines des pays occidentaux, destinées depuis des années à remplir les fonds de pension des ministres en place, sont en train de se retourner avec une dimension exponentielle sur les populations qui, crédules, ont mis leur confiance dans des fossoyeurs qui ont sciemment sonné le glas de l'ère judéo-chrétienne. une ère qui, soit dit en passant, et malgré toutes les dérives dont elle a pu souffrir, a gratifié l'Europe et  l'Amérique d'une longue période où tranquillité et capacité des peuples à se reconnaître égaux allait de soi.

Le problème, dans tout cela, réside dans le fait plus que probable que, pour les dirigeants occidentaux, reconnaître que l'expression de la foi chrétienne, héritée du judaïsme, a construit l'Europe,  est un acte en soi insoutenable. Cela reviendrait à annihiler tout le travail de sape accompli depuis la Révolution de 1789.

Vous vouliez de l'argent, soit ! Eh bien, il vous faudra le dépenser en armes de guerre ! Est-ce bien cela que vous vouliez ? Alors que vous auriez pu, avec ne fût-ce qu'un brin d'humilité et d'humanité, le dépenser à faire le bien. Il ne vous reste donc, Messieurs et Mesdames, qu'à diviser pour régner.

Et au final, vous savez pertinemment qui paiera cette note de votre félonie à l'égard de vos administrés. Une note qui, pour le coup, s'annonce extrêmement salée !

Quand l'argent est un moyen, il peut fait le bien. Quand il devient le but, il porte un autre nom, et ce nom-là, je me garderai de le coucher sur ces lignes, je me ferais taxer d'intégriste...

Le lecteur notera que je n'ai fait aucune allusion à l'islam, car l'Europe en a bien assez pour son compte.

Et il y a une temps pour chaque chose...

Frédéric Monnin

 

18/11/2015

De l’esprit des lumières à l’obscurantisme le plus sombre

La révolution française, point de référence historique du projet visant à constituer un gouvernement mondial libéré de la tutelle de l’Église, a généré, avec l’aide objective des grands philosophes des Lumières, l’Europe telle que nous la vivons actuellement. Et pour en arriver où ?

Cette Europe, progressivement et patiemment sécularisée, déchristianisée, et bientôt finalement « libérée » de ses racines historiques judéo-chrétiennes, se pose maintenant cette question : comment de jeunes citoyens de nos pays riches en sont-ils arrivés à partir dans des camps d’entraînement en Syrie, pour en revenir bardés de ceintures d’explosifs, et provoquer au (mé)prix de leur propre vie des carnages tels que celui de Paris ce vendredi 13 novembre ?

Ainsi, durant plus de deux siècles, l’Europe s’est-elle attelée à combattre, ignorer, mépriser, anéantir pierre après pierre la foi judéo-chrétienne qui l’avait pourtant construite. Avec un succès certain, il faut bien l’admettre.

Toujours est-il que ce beau projet – totalement « illuminé » à mon sens – a négligé dès sa conception un élément fondamental de la nature humaine : le besoin de transcendance. Et ce constituant de l’être humain n’a pas échappé à ceux qui, tapis dans leurs repaires de brigands, manipulent à merci cette jeunesse désemparée pour en faire de la chair à canons. Car la jeunesse d’aujourd’hui, comme celle d’avant par ailleurs, éprouve un réel besoin de dépassement et de spiritualité. Reléguer ce besoin, cette faim spirituelle, dans les « périphéries » de l’être social a ouvert une faille qui a déjà eu raison de l’idéologie soviétique. Mais cette leçon de l’Histoire ne semble pourtant pas avoir éclairé les esprits au-delà du défunt mur de fer. Et c’est fort dommage !

Car en Occident, c’est désormais le paradigme : l’argent, et lui seul, peut rendre l’homme heureux ! autant de pain bénit pour ceux qui n’ont pour seul objectif que celui de convertir la terre entière à l’islam le plus nauséabond. Restauration de monuments historiques, acquisition de clubs de sport, animation de centres culturels… tout est bon pour étendre une emprise économique et financière sur une Europe qui a mis sa foi dans son seul porte-monnaie. Et ça marche !

Petit à petit, l’oiseau fait son nid : sous couvert de tolérance et d’ouverture, l’Occident bannit le porc des cantines scolaires, adapte ses programmes scolaires pour que les cours de sport ne soient plus mixtes, ouvre les piscines publiques à des heures spécifiques pour les femmes musulmanes, et j’en passe…

Et pendant ce temps, dans les cerveaux de nos dirigeants, que se passe-t-il ? Rien ! Que la panacée universelle et universaliste réitérée jusqu’à en abrutir les masses : la laïcité ! Alors, on fait démonter des crèches dans les bâtiments publics, on oublie les fêtes chrétiennes (ah, c’est ballot !) dans les calendriers officiels, on brandit tel un anathème l’histoire peu reluisante de l’Église pour en atténuer le discours pacifique. Et alors ?

Alors rien… à chaque attentat terroriste, on se cherche, et on se trouve bien facilement un ennemi de circonstance, en omettant sciemment de battre sa coulpe, alors qu’on sait pertinemment que c’est l’abandon de dizaines de milliers de jeunes par la société, la vente d’armes en grande pompe aux pires ennemis des droits humains, et la seule préoccupation de l’accumulation de profits, qui fait le lit de la terreur. La liste n’est malheureusement pas exhaustive… Et au besoin, on réaffirme les principes de laïcité de nos états si vertueux ; ça fait toujours bien dans le paysage. On interdit toute allusion au fait religieux dans les écoles, en fermant les yeux sur ce qui se passe dans les préaux de ces mêmes écoles, qui sont autant de terrains de chasse fertiles pour des recruteurs pétris de haine.

J’ai entendu, au hasard de mes allées et venues - et Dieu m’en est témoin - au lendemain de l’acceptation par le peuple suisse de l’initiative anti-minarets, un personnage que tout le monde présente comme un homme de paix et de dialogue. Il s’adressait à des jeunes dans la cour d’une maison de quartier, en plein centre-ville de Genève, en ces termes : « Tout cela n’est pas grave, car un jour, c’est leurs clochers qui deviendront nos minarets ! »

J’ai un immense respect, surtout du point de vue littéraire, pour Rousseau et Voltaire. Mais ceux-là avaient les yeux ouverts et l’esprit éclairé. Et à leurs supposés héritiers, hérauts de la laïcité, je pose cette question : maintenant que l’Occident est en majeure partie sécularisé, on fait quoi ?

Ah, comme je comprends le désarroi de beaucoup !