20/11/2015

L'arroseur arrosé... la foi peut fermer le robinet

Les derniers développements de la situation explosive liée aux attaques terroristes sur la planète m'inspirent une ébauche d'analyse.

En Occident, la situation est claire : sécularisée par des lustres de combat contre l'obscurantisme catholique, aux fins de conquérir sur ses vestiges une liberté qui démontre de manière éclatante qu'elle n'est qu'illusion, l'Europe s'est choisi une valeur universelle de bien-être : la liberté ? Certes non ! car la course aux profits, le consumérisme outrancier, le déification de l'être économique au dépens de l'être social, a gravement mis à mal la conscience de l'existence d'une communauté humaine. Cette valeur universellement adulée, idolâtrée, c'est l'argent ! Ainsi est née la déclaration universelle des droits de l'homme et du citoyen fortuné... Tout le reste - liberté, égalité, fraternité - n'est que garniture...

La laïcisation obstinée mise en place, non par refus d'un pouvoir aux relents totalitaires de l'Église d'alors, mais bien plus encore par jalousie, et par une envie irrépressible de s'approprier ce pouvoir sur les masses exercé jusque-là par la curie romaine ;  cette laïcisation et ce dénigrement systématiques, réduisant au niveau de "divertissement burlesque" les mises en garde de tous les papes depuis Léon XIII quant à la pente dangereuse empruntée par les sociétés occidentales hypnotisées par le capitalisme, ont mis à mal la capacité de discernement de beaucoup de nos contemporains. Mais c'était bien maladroit, car le pouvoir est une chose, mais l'autorité morale en est une autre...

Et en face de ce monde occidental sécularisé, laïcisé, déchristianisé, nous avons des pays aux riches ressources, sous-terraines notamment, que ces mêmes gouvernements occidentaux considèrent, non comme un grenier à blé, mais comme une gigantesque citerne, sur laquelle on ne peut décemment pas faire l'impasse, cela va de soi.

Conséquence: l'Occident, coupé de ses valeurs fondatrices et obnubilé par l'accumulation de richesses, agit, transige et fomente avec les pires exemples de tyrannies, manie et distord la diplomatie, pour en faire en finalité une chambre de commerce. Parce que chez ces gens-là, Monsieur, on ne prie pas... on compte!

Après avoir encouragé, nourri, armé tel groupuscule, puis tel autre, au gré des bénéfices économiques et géostratégiques immédiats qu'ils pourraient en retirer, voilà que ces petits enfants chéris, ces combattants, voués, dans l'imaginaire occidental, à déstabiliser un proche et un moyen Orient déjà en proie à de tragiques guerres intestines, voilà que ces enfants, devenus des adolescents turbulents, veulent à leur tour donner la leçon à leurs maîtres : guerre totale contre l'Occident, et avec les armes mêmes obtenues par un effet gracieux de sa prodigalité. C'est la triste, mais si fréquente histoire de l'arroseur arrosé. À une différence près : ces petites combines des pays occidentaux, destinées depuis des années à remplir les fonds de pension des ministres en place, sont en train de se retourner avec une dimension exponentielle sur les populations qui, crédules, ont mis leur confiance dans des fossoyeurs qui ont sciemment sonné le glas de l'ère judéo-chrétienne. une ère qui, soit dit en passant, et malgré toutes les dérives dont elle a pu souffrir, a gratifié l'Europe et  l'Amérique d'une longue période où tranquillité et capacité des peuples à se reconnaître égaux allait de soi.

Le problème, dans tout cela, réside dans le fait plus que probable que, pour les dirigeants occidentaux, reconnaître que l'expression de la foi chrétienne, héritée du judaïsme, a construit l'Europe,  est un acte en soi insoutenable. Cela reviendrait à annihiler tout le travail de sape accompli depuis la Révolution de 1789.

Vous vouliez de l'argent, soit ! Eh bien, il vous faudra le dépenser en armes de guerre ! Est-ce bien cela que vous vouliez ? Alors que vous auriez pu, avec ne fût-ce qu'un brin d'humilité et d'humanité, le dépenser à faire le bien. Il ne vous reste donc, Messieurs et Mesdames, qu'à diviser pour régner.

Et au final, vous savez pertinemment qui paiera cette note de votre félonie à l'égard de vos administrés. Une note qui, pour le coup, s'annonce extrêmement salée !

Quand l'argent est un moyen, il peut fait le bien. Quand il devient le but, il porte un autre nom, et ce nom-là, je me garderai de le coucher sur ces lignes, je me ferais taxer d'intégriste...

Le lecteur notera que je n'ai fait aucune allusion à l'islam, car l'Europe en a bien assez pour son compte.

Et il y a une temps pour chaque chose...

Frédéric Monnin

 

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