18/11/2015

De l’esprit des lumières à l’obscurantisme le plus sombre

La révolution française, point de référence historique du projet visant à constituer un gouvernement mondial libéré de la tutelle de l’Église, a généré, avec l’aide objective des grands philosophes des Lumières, l’Europe telle que nous la vivons actuellement. Et pour en arriver où ?

Cette Europe, progressivement et patiemment sécularisée, déchristianisée, et bientôt finalement « libérée » de ses racines historiques judéo-chrétiennes, se pose maintenant cette question : comment de jeunes citoyens de nos pays riches en sont-ils arrivés à partir dans des camps d’entraînement en Syrie, pour en revenir bardés de ceintures d’explosifs, et provoquer au (mé)prix de leur propre vie des carnages tels que celui de Paris ce vendredi 13 novembre ?

Ainsi, durant plus de deux siècles, l’Europe s’est-elle attelée à combattre, ignorer, mépriser, anéantir pierre après pierre la foi judéo-chrétienne qui l’avait pourtant construite. Avec un succès certain, il faut bien l’admettre.

Toujours est-il que ce beau projet – totalement « illuminé » à mon sens – a négligé dès sa conception un élément fondamental de la nature humaine : le besoin de transcendance. Et ce constituant de l’être humain n’a pas échappé à ceux qui, tapis dans leurs repaires de brigands, manipulent à merci cette jeunesse désemparée pour en faire de la chair à canons. Car la jeunesse d’aujourd’hui, comme celle d’avant par ailleurs, éprouve un réel besoin de dépassement et de spiritualité. Reléguer ce besoin, cette faim spirituelle, dans les « périphéries » de l’être social a ouvert une faille qui a déjà eu raison de l’idéologie soviétique. Mais cette leçon de l’Histoire ne semble pourtant pas avoir éclairé les esprits au-delà du défunt mur de fer. Et c’est fort dommage !

Car en Occident, c’est désormais le paradigme : l’argent, et lui seul, peut rendre l’homme heureux ! autant de pain bénit pour ceux qui n’ont pour seul objectif que celui de convertir la terre entière à l’islam le plus nauséabond. Restauration de monuments historiques, acquisition de clubs de sport, animation de centres culturels… tout est bon pour étendre une emprise économique et financière sur une Europe qui a mis sa foi dans son seul porte-monnaie. Et ça marche !

Petit à petit, l’oiseau fait son nid : sous couvert de tolérance et d’ouverture, l’Occident bannit le porc des cantines scolaires, adapte ses programmes scolaires pour que les cours de sport ne soient plus mixtes, ouvre les piscines publiques à des heures spécifiques pour les femmes musulmanes, et j’en passe…

Et pendant ce temps, dans les cerveaux de nos dirigeants, que se passe-t-il ? Rien ! Que la panacée universelle et universaliste réitérée jusqu’à en abrutir les masses : la laïcité ! Alors, on fait démonter des crèches dans les bâtiments publics, on oublie les fêtes chrétiennes (ah, c’est ballot !) dans les calendriers officiels, on brandit tel un anathème l’histoire peu reluisante de l’Église pour en atténuer le discours pacifique. Et alors ?

Alors rien… à chaque attentat terroriste, on se cherche, et on se trouve bien facilement un ennemi de circonstance, en omettant sciemment de battre sa coulpe, alors qu’on sait pertinemment que c’est l’abandon de dizaines de milliers de jeunes par la société, la vente d’armes en grande pompe aux pires ennemis des droits humains, et la seule préoccupation de l’accumulation de profits, qui fait le lit de la terreur. La liste n’est malheureusement pas exhaustive… Et au besoin, on réaffirme les principes de laïcité de nos états si vertueux ; ça fait toujours bien dans le paysage. On interdit toute allusion au fait religieux dans les écoles, en fermant les yeux sur ce qui se passe dans les préaux de ces mêmes écoles, qui sont autant de terrains de chasse fertiles pour des recruteurs pétris de haine.

J’ai entendu, au hasard de mes allées et venues - et Dieu m’en est témoin - au lendemain de l’acceptation par le peuple suisse de l’initiative anti-minarets, un personnage que tout le monde présente comme un homme de paix et de dialogue. Il s’adressait à des jeunes dans la cour d’une maison de quartier, en plein centre-ville de Genève, en ces termes : « Tout cela n’est pas grave, car un jour, c’est leurs clochers qui deviendront nos minarets ! »

J’ai un immense respect, surtout du point de vue littéraire, pour Rousseau et Voltaire. Mais ceux-là avaient les yeux ouverts et l’esprit éclairé. Et à leurs supposés héritiers, hérauts de la laïcité, je pose cette question : maintenant que l’Occident est en majeure partie sécularisé, on fait quoi ?

Ah, comme je comprends le désarroi de beaucoup !

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