02/02/2017

Démocratie malade

Dimanche 29 novembre 2015, Canal+...  Emmanuel Macron déclare : « Mon épouse n’est pas dans mon cabinet, je vais être très clair là-dessus, elle n’est pas payée par le contribuable, c’est très important parce que parfois, ça n’a pas été la pratique »… Édifiante, cette petite phrase lâchée 15 mois avant le lynchage médiatique auquel nous assistons !

Emmanuel Macron a épousé la fille d’une grande famille de chocolatiers d’Amiens, dont les produits figurent en bonne place dans la liste de ceux que les frères maçons aiment à s’échanger en gage de fraternité…

Fillon, qui n’est pas franc-maçon, a été confirmé au poste de Premier Ministre par Nicolas Sarkozy, aux dépens de Jean-Louis Borloo, statufié au titre de grand défenseur de la France sociale, laïque et « fraternelle ». Ce crime de lèse-fraternité ne peut pas être pardonné au vainqueur de la primaire de la droite. Et ses "amis" les plus proches étant eux-mêmes liés par leur serment initiatique, François Fillon sait très bien que s'il se hasarde à nommer publiquement la réelle source de la cabale dont il est l'objet, il s'expose physiquement, non seulement lui-même, mais aussi les membres de sa famille. Il est des silences qui sont bruyamment évocateurs...

Pour y voir clair, il est intéressant de chercher à qui profite la destruction systématique, mécanique et très professionnelle de Fillon aux yeux de l’opinion publique ?

D’une part à Emmanuel Macron, qui s’érige en pourfendeur du système. Mais qui est-il, ce prodige qui bouscule l’establishment ? Aucun charisme ; devenu millionnaire durant son passage à la banque Rothschild ; inspirateur de la politique économique de tout le quinquennat de François Hollande, avec les résultats probants que l’on sait ; habitué des conférences de Bilderberg, le WEF clandestin de la grande famille des financiers dont le seul projet réside en la gouvernance mondiale (synarchie) ; pur produit de la grande finance internationale, celle qui réduit peu à peu l’humanité en outil servile de la gloutonnerie de quelques-uns ; un hyper libéral et hyper libertaire qui, semble-t-il, a largement puisé dans les caisses du ministère dont il avait la charge pour organiser son mouvement et sa propagande avant de quitter le gouvernement. Et c’est à cet homme-là que tous les moutons qui bêlent depuis 10 jours contre François Fillon veulent donner un blanc-seing pour changer de système ? C’est à pleurer ! Et ça devient carrément à vomir lorsqu’on voit de nombreux journalistes se prêter, avec un plaisir quasi orgasmique, à un acte - de longue date prémédité - de déstabilisation des institutions. Le peuple de France est en train de se mettre au service de la finance qui le fait tant souffrir, de même manière qu'un autre peuple s’est récemment mis sous la coupe d’un homme qui lui a promis la restauration d’une grandeur fantasmatique et mythologique, qui ne profitera en fin de compte qu’à son propre compte… bancaire… (et s’il vit assez longtemps pour en jouir !)

Puis enfin à Marine Le Pen, qui elle, est probablement coupable de délits financiers non prescrits. Mais elle n’inquiète pas plus que cela, car elle peut compter sur l’appui d’un électorat autiste, devenu totalement imperméable à la réalité des faits par la faute de tous ceux qui, de droite comme de gauche, se partagent le pouvoir depuis des lustres. Et pour son plus grand malheur, François Fillon en est ! De plus, Marine Le Pen serait battue à plates coutures par Macron au 2e tour, en vertu du même sursaut qualifié de « républicain » qui profita en son temps à un certain Jacques Chirac. C’est en tout cas le pari que semblent vouloir tenir ceux qui ont très intelligemment orchestré la mise à mort politique de François Fillon.

Quand on prend la peine de se distancier quelque peu des slogans, des phrases-choc et des formules assassines qui inondent les réseaux sociaux, on peut, sans trop de peine, esquisser le profil de celui à qui profite la mise à l’écart du seul candidat à la Présidentielle qui ne flatte pas l’inertie naturelle d’un peuple patiemment abruti par un système éducatif débilitant, à qui l'on a fait miroiter l'illusion qu’il est interdit d’interdire, et qui a naturellement intégré le fait que l’autorité est nuisible à son bien-être ; le seul candidat qui ose mettre un grain de sable dans les rouages d’une entente cordiale de frères initiés, idiots utiles d’un projet de destruction et d’annihilation patiente de la capacité-même des peuples à vouloir vivre libres et indépendants.

Alors, même si Fillon n’est visiblement pas exempt de tout reproche du point de vue moral (du point de vue judiciaire, la baudruche va probablement se dégonfler), je trouve extrêmement inquiétant que tout un peuple se mue subitement, comme un seul homme, en horde de sacrificateurs, et qu’il s’avilisse, sans même s’en rendre compte, au point de croire que son salut peut lui venir de son bourreau. Inquiétant, mais malheureusement pas étonnant… « panem et circenses »…

Toute l’époque est là : notre société souffre du syndrome de Stockholm. Depuis des décennies, l’intellect du plus grand nombre a été la cible d’un projet deux fois séculaire qui, peu à peu, a modifié les consciences sur la notion de Bien et de Mal, ne flattant en l’homme que ce qui peut lui garantir un plaisir immédiat, bien qu’éphémère. D’où la multiplication exponentielle des types de plaisirs. Les temps que nous vivons voient s’ériger les bûchers de tout ce qui pourrait faire obstacle à la jouissance primale de l’animal humain. Résultat : la société occidentale n’est même plus capable de discernement. Elle se contente d’hurler avec les chefs de meute. Elle est devenue l’esclave consentante d’un système totalitaire qui profite uniquement à ceux qui ont dénoncé les mêmes dérives obscurantistes de celle qui fut sa grande rivale jusqu’à la Révolution française : l’Eglise. Fillon catholique ? Cherchez l’erreur !

Je ne doute pas une seule seconde que je passerai pour un obsédé du complot. Peu m’importe, tout passe, tout lasse ! Mais ne serait-ce que pour pouvoir, le jour venu, avoir la conscience apaisée, je voudrais inciter le lecteur à ouvrir les yeux, à privilégier la raison, à pénétrer plus profond que son épiderme et à exiger de ceux à qui il confie son destin, non pas une irréprochabilité qui ne relèverait au fond que du fantasme (après tout, les élus ne sont que des êtres humains), mais une volonté sincère et réelle de travailler au bien commun, même et y compris si ce bien commun se révèle être source de profit personnel. Vouloir faire fi de la nature humaine n'est raisonnablement pas réaliste! Certes, on ne peut pas tous penser la même chose, mais la lumière n’est-elle pas censée jaillir du choc des idées ?

Je formule donc ces questions, qui sont autant d’appels à la réflexion :

1. Est-ce que l’amas nauséabond de secrets de polichinelle, déversé sur un homme et sa famille à longueur de temps, permet réellement un débat d’idées propice au discernement, ou n’est-il qu’un écran opaque et puant destiné à empêcher les citoyens de se forger une opinion ?

2. Est-ce que des citoyens, qu’on présente comme étant libres et égaux, consentent à déléguer à des groupes de presse le pouvoir de décider qui dispose ou non d’une légitimité à se soumettre au verdict souverain du suffrage universel ?

3. La démocratie est-elle devenue à ce point malade, pour qu'elle verse dans un manichéisme qui ne peut avoir d’autre conséquence que l’asservissement des populations, et qu'elle accepte de réduire à néant son essence-même, qui est de décider de son avenir, en laissant une nouvelle élite (très connectée) jouir des profits qui résulteront de l'anéantissement des élites précédentes?

Alexis de Tocqueville aurait donc eu raison, et de manière prophétique, en affirmant que l'aspiration des peuples à l'égalité risque de les pousser à abandonner à une élite leur liberté, en échange d'un illusoire sentiment d'égalité...

Frédéric Monnin

22/01/2017

Prouvez-moi le contraire !

Je viens de regarder une messe présidée par le pape au Latran, à l'occasion de la clôture du Jubilé pour les 800 ans de l'Ordre des frères prêcheurs (Dominicains)

Parallèlement, j'entends très fréquemment les commentaires apologétiques de mes contemporains, sur la personne du pape François, sur ses paroles et ses actes forts, pas seulement symboliquement, mais aussi dans les faits. Et je me dis que ces louanges quasi unanimes sont le fait de personnes qui ne connaissent du Souverain Pontife que ce que veulent bien leur dire les médias, à savoir: ses prises de position sur le plan politique, ses voyages (qui se résument en définitive à ce qui précède) et quelques bribes de phrases tirées des deux bénédictions Urbi et Orbi dans l'année.

Arrive-t-il, dans l'esprit de ces mêmes personnes, de se poser la question de ce qu'est réellement le ministère du Primat de l'Eglise catholique ? Ces personnes, dont je ne peux pas douter de la bonne foi a priori, se sont-elles jamais demandé comment un homme de 80 ans pourrait raisonnablement assumer un tel agenda - qui rebuterait les plus carnassiers des jeunes loups - sans y laisser la santé (pour le moins), si cette force ne lui venait d'ailleurs ?

Je vois une grande contradiction entre l'esprit du temps, qui veut qu'être croyant passe comme totalement ringard (ne parlons même pas du fait d'être pratiquant!), et la mode, très confortable par ailleurs, d'admirer un homme qui, sans sa foi et sans la prière, n'aurait pas tenu 6 mois dans la mission qu'il a reçue ...

Emil Cioran disait : "La seule preuve tangible de l'existence de Dieu, c'est Jean-Sébastien Bach". Eh bien, je crois pouvoir affirmer que ce n'était, et que cela n'est toujours pas vrai, tout en étant un admirateur du Cantor de Leipzig.

Prenons le seul exemple du pape François, puisqu'il semble être d'une culture et d'une attitude qui convienne aux oreilles et aux yeux de nos contemporains. Sans une force d'essence divine, je ne connais aucun homme qui pourrait, à cet âge-là, assumer l'immensité de la tâche qui lui a été confiée. Si vous en connaissez, et qui soient en même temps persuadés de la non-existence de Dieu, je suis preneur.

Frédéric Monnin

 

18:50 Publié dans religions | Tags : pape, francois, dieu, vatican | Lien permanent | Commentaires (4)

17/07/2016

Reconstruire les fondations

Ce n’est pas en me disant : “Seigneur, Seigneur !” qu’on entrera dans le royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux. 

Ce jour-là, beaucoup me diront : “Seigneur, Seigneur, n’est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé, en ton nom que nous avons expulsé les démons, en ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles ?” Alors je leur déclarerai : “Je ne vous ai jamais connus. Écartez-vous de moi, vous qui commettez le mal !” 

Ainsi, celui qui entend les paroles que je dis là et les met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a construit sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé et se sont abattus sur cette maison ; la maison ne s’est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc.

Et celui qui entend de moi ces paroles sans les mettre en pratique est comparable à un homme insensé qui a construit sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé, ils sont venus battre cette maison ; la maison s’est écroulée, et son écroulement a été complet. » (Mt 7,21-28)

 

Donc, si je comprends bien Celui que je prends comme mon Dieu et Sauveur, il ne sert à rien de se dire « civilisation judéo-chrétienne », il faut montrer par les actes ce que nos paroles prétendent. Il ne sert à rien de plaindre ces pauvres chrétiens d’Orient persécutés si, par ailleurs, nous ne sommes pas capables de nous montrer nous-mêmes chrétiens, surtout et y compris chez nous.

Haïr ceux qui nous haïssent, c’est l’exact contraire de ce que nous demande le Christ. L’Occident se demande pourquoi il est attaqué. Il désigne la paille qui est dans l’œil de ces fous, alors qu’il est incapable d’enlever la poutre qui l'aveugle, lui interdisant de facto tout discernement honnête et sincère.

L’Occident a tout fait pour transformer en sable le roc sur lequel il avait été bâti, et il s’agit maintenant, soit de s’enfoncer, soit de reconstruire. Et ce n’est pas en brandissant des armes de guerre et en semant partout la mort qu’il y parviendra. Défendre des acquis qu’on a soigneusement pris soin de discréditer au cours des deux siècles derniers, ça n'est rien d'autre qu'un futile verbiage !

Le Christ nous demande de bâtir la civilisation de l’amour, et nous ne savons même plus nous montrer dignes du sacrifice auquel il a consenti.

Alors, à tous mes amis, chrétiens ou non, je le demande : Mettez-vous en colère, hurlez au loup, criez, dites des horreurs ! Mais une fois ces choses dites, mettons-nous au travail, sans nous préoccuper plus qu’il ne le faut de la paille dans l’œil du voisin, et semons tout autour de nous de gestes d’amour, même s’ils peuvent paraître insignifiants !

C'est me faire violence que de signer ces paroles-là, tant ma colère est grande ! Mais je suis le disciple d'un Dieu qui me demande de célébrer la vie, et non la mort. Je suis le disciple d'un Dieu qui me demande de trouver mon bonheur là où je peux élever, et non enfoncer...

Misericordes sicut Pater !

Frédéric Monnin